"[...]" Il est entré dans l'appartement, plutôt cool, en sifflotant l'air de la publicité pour les cornichons qui passe tout le temps en ce moment. Il ne sait pas ce qui l'attend, le pauvre, je vais le faire frire comme une merguez. Je le guette, assise sur son lit, dans la pénombre.
" Ahlème ! Ahlème ! T'es où ? Il dort, le Patron ? "
Il pénétre dans la pièce, avance à tâtons dans le noir et appuie sur l'interrupteur. Il sursaute, surpris de me voir là.
" Putain ! Je me suis chié dessus ! Tu m'as fait peur ! Qu'est-ce que tu fous ici dans le noir ? "
Je ne réponds rien, je le regarde seulement. J'ai envie de me lever et de le détruire.
" Réponds ! Qu'est-ce qui te prend ? On dirait que t'es possédée ! Naâl chétane. "
Je me lève, je l'attrape par le col, je le plaque contre le mur puis je le secoue avec frénésie comme si j'avais face à moi un morceau de chiffon.
" Espéce de petite merde ! D'où elles viennent toutes ces conneries que j'ai trouvées dans ta chambre ?
- De quoi tu parles ? Lâche-moi ! T'es malade !
- Je te lâcherai pas ! Arrête de te foutre de moi en plus ! Tu veut que je te crève ? Tu sais très bien de quoi je parle, connard. Les tunes dans la boîte a chaussures, les sacs a mains dans le placard ! Et les capotes dans ton tiroir c'est quoi ? "
Déstabilisé, il me repousse violemment. Je perds l'équilibre et me retrouve sur son lit. Je me relève et me jette sur lui de plus belle. On croirait que je suis sous cocaïne. L'énergie avec laquelle je le saisis à la gorge m'étonne moi-même. Je lui serre le cou et je me mets a pleurer de rage.
" D'où ça vient je t'ai dit ! Réponds avant que je te tue ! Réponds !
- Arrête ! Arrête, s'il te plait ! Tu me fais mal ...
- Et moi ? Tu crois pas que j'ai mal moi ? Je me tue pour toi, j'ai tout fait pour toi !
- J'arrive plus à respirer, lâche-moi... "
Le Patron s'est réveillé. Sa voix me tire de ma folie.
" J'arrive pas à dormir ! Eteignez la télévision !
- Dors Papa ! C'est bon, elle est éteinte la télévision ! " [...] "
J'adôôôôre ce passage.